Les Deux Bonnes Soeurs

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by GJ

 

La Débauche et la Mort sont deux aimables filles,
Prodigues de baisers et riches de santé,
Dont le flanc toujours vierge et drapé de guenilles
Sous l’éternel labeur n’a jamais enfanté.

Au poète sinistre, ennemi des familles,
Favori de l’enfer, courtisan mal renté,
Tombeaux et lupanars montrent sous leurs charmilles
Un lit que le remords n’a jamais fréquenté.

Et la bière et l’alcôve en blasphèmes fécondes
Nous offrent tour à tour, comme deux bonnes soeurs,
De terribles plaisirs et d’affreuses douceurs.

Quand veux-tu m’enterrer, Débauche aux bras immondes?
Ô Mort, quand viendras-tu, sa rivale en attraits,
Sur ses myrtes infects enter tes noirs cyprès? 

Charles Baudelaire

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Électricité

J’ai envie de Toi, de nouveau.

D’avoir Ton corps,

toujours pâle, toujours doux,

lorsque le coeur, le Nôtre,

s’impatiente quand On ne se touche plus

donc on respire avec un seul poumon

et l’air est la guérison,

l’air est le pain, il Nous nourrit.

L’air est la force, il Nous approche.

L’air de soulagement, Nous en respirons.

La Solitude n’est plus là, les nuits sont longues.

Vers Toi je me tourne

j’engrène Nos méandres

où la pluie faible tombe.

En chantant Nous la buvons.

Vers Toi je me tourne pour boire la pluie

qui chante la chanson

celle que, même de si loin,

Nous écoutons. Nous chantons. Nous respirons.

GJ