Les Deux Bonnes Soeurs

baudelaire1
by GJ

 

La Débauche et la Mort sont deux aimables filles,
Prodigues de baisers et riches de santé,
Dont le flanc toujours vierge et drapé de guenilles
Sous l’éternel labeur n’a jamais enfanté.

Au poète sinistre, ennemi des familles,
Favori de l’enfer, courtisan mal renté,
Tombeaux et lupanars montrent sous leurs charmilles
Un lit que le remords n’a jamais fréquenté.

Et la bière et l’alcôve en blasphèmes fécondes
Nous offrent tour à tour, comme deux bonnes soeurs,
De terribles plaisirs et d’affreuses douceurs.

Quand veux-tu m’enterrer, Débauche aux bras immondes?
Ô Mort, quand viendras-tu, sa rivale en attraits,
Sur ses myrtes infects enter tes noirs cyprès? 

Charles Baudelaire

O Ideal – Galeria Animada Projecto #1

Este é o primeiro e muito básico produto de uma ideia que quer cruzar auto-retrato com poesia e movimento.

O ambiente é Baudelaire, a expressão é tensão e movimento (uma ou outra surgirá como factor dominante da foto)

 

L'IDÉAL
Ideias em movimento de Gonçalo Julião

 

L’Idéal

Ce ne seront jamais ces beautés de vignettes,
Produits avariés, nés d’un siècle vaurien,
Ces pieds à brodequins, ces doigts à castagnettes,
Qui sauront satisfaire un coeur comme le mien.

Je laisse à Gavarni, poète des chloroses,
Son troupeau gazouillant de beautés d’hôpital,
Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses
Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.

Ce qu’il faut à ce coeur profond comme un abîme,
C’est vous, Lady Macbeth, âme puissante au crime,
Rêve d’Eschyle éclos au climat des autans;

Ou bien toi, grande Nuit, fille de Michel-Ange,
Qui tors paisiblement dans une pose étrange
Tes appas façonnés aux bouches des Titans!

— Charles Baudelaire

 

The Ideal

It will never be the beauties that vignettes show,
Those damaged products of a good-for-nothing age,
Their feet shod with high shoes, hands holding castanets,
Who can ever satisfy any heart like mine.

I leave to Gavarni, poet of chlorosis,
His prattling troop of consumptive beauties,
For I cannot find among those pale roses
A flower that is like my red ideal.

The real need of my heart, profound as an abyss,
Is you, Lady Macbeth, soul so potent in crime,
The dream of Aeschylus, born in the land of storms;

Or you, great Night, daughter of Michelangelo,
Who calmly contort, reclining in a strange pose
Your charms molded by the mouths of Titans!

— William Aggeler, The Flowers of Evil (Fresno, CA: Academy Library Guild, 1954)

(http://fleursdumal.org/poem/117)

GJ